Sylvie LOUBIERE est fleurinoise depuis l’an 2000 et elle est « coach professionnel certifié ».

Fleurines & Vous a souhaité aller à sa rencontre dans son cabinet, afin de comprendre cette mystérieuse profession …

Sylvie, comment êtes vous devenue coach ?

De formation, je suis juriste, spécialisée en droit social, j’ai occupé de nombreuses années un poste au sein de la Direction des Ressources Humaines dans plusieurs entreprises allant de la multinationale à la PME
En travaillant à la Direction des Ressources Humaines, je me positionnais entre la direction et le personnel, ce qui est difficile à gérer : il y a l’intérêt économique et l’intérêt du personnel… Pour moi, la solution n’est pas de licencier ou sanctionner, mais d’agir dans la prévention des risques, de détecter les signes avant coureurs. Le coaching me permet d’agir sur les comportements humains et d’éviter des problèmes pour la société comme pour l’employé. J’ai donc créé ma société de coaching, AXIOME COACHING, en  2007.

Quel a été votre parcours pour devenir coach ?

Je suis tout d’abord repartie à l’école pour neuf mois, et ai obtenu une certification de coach avec mention très bien, à PARIS VIII. La mention était importante pour moi, vu l’investissement que j’avais fait. Je continue depuis à suivre des formations. Maintenant je suis « maître praticien en PNL : Programmation Neuro Linguistique. » J’ai passé le degré de Technicien, de Praticien et ensuite de Maître-Praticien à l’Institut Français de PNL.

C’est quoi la PNL ?

Programmation : Notre cerveau fonctionne comme un programme informatique, comme un robot. Neuro : c’est le système de perception (les cinq sens).
Linguistique : c’est le langage verbal et non-verbal.
Un exemple : l’enfant qui se brûle et ne recommence pas : il a perçu la douleur, il se programme pour ne plus toucher le feu, c’est un bon programme.
Un mauvais programme serait par exemple une jeune fille ayant connu des déboires sentimentaux et par conséquent, évite les hommes pour éviter que cela ne se reproduise.

A quel moment fait-on appel à vos services ?

Je ne travaille qu’avec les entreprises. Un employé est démotivé, n’a plus la même énergie qu’avant ou a des difficultés à manager une équipe, j’interviens à ce moment là. La personne va être seule avec moi, on va travailler ensemble. J’utilise les techniques de programmation neurolinguistique.
Les entreprises (ou quelquefois l’employé dans le cadre de l’entreprise) font appel à moi dans le cadre du Droit Individuel à la Formation, (DIF), pour une dizaine de séances d’une heure trente, espacées dans le temps par exemple sur six mois, ce qui fait un total de vingt heures. Mais quelquefois, en une séance, « c’est guéri » !

Vous pouvez transformer quelqu’un en dix séances ?

Ah oui ! J’ai un exemple concret : le cas d’un technicien, promu responsable d’équipes, sans aucune formation au management. Il ne donnait pas l’exemple en terme de sécurité à ses équipes et il n’était pas très juste parce qu’il fonctionnait à l’affectif. Il n’était pas aidé par ses collègues qui ne le reconnaissaient pas, car issu de la base comme eux. Il est donc arrivé en échec professionnel et voulait régresser au poste de technicien. C’était dommage, c’est quelqu’un d’intelligent, avec un très bon esprit. On a travaillé sur dix séances, espacées sur six mois. Ca a été une réussite, une transformation.

Ça se passe comment ?

Lors de la première séance, l’entreprise est représentée et c’est à trois, avec l’employé, qu’on définit la problématique pour ensuite fixer les objectifs. C’est un contrat tripartite. On part de ce qu’on a aujourd’hui et on décide de ce qu’on veut à la place. Pour reprendre notre exemple : l’objectif est que la personne donne l’exemple en termes de sécurité, fasse respecter les consignes et pour ce qui est de l’encadrement d’équipes, qu’elle trouve sa juste place par rapport à sa hiérarchie et à ses équipes.
On donne aussi des indicateurs de résultat, des comportements observables, je ne pars pas dans le vide. On travaille, seul à seul avec l’employé, sur cinq séances à l’issue desquelles on se réunit à trois pour faire le point. On travaille sur des cas concrets, la colère par exemple, exprimée contre un employé…. Mon travail, c’est de faire prendre conscience de certaines choses à la personne, c’est « l’effet miroir » : « Ah je suis comme ça » ! J’explique d’un point de vue théorique que la colère n’avance à rien ; dans la colère, on dépasse sa pensée, c’est un comportement « enfant », basé sur les émotions. J’explique qu’on peut faire autrement, adopter un comportement « adulte ».. Exemple : « Monsieur, vous n’avez pas mis vos chaussures de sécurité… ». On constate les faits plutôt que de rentrer en conflit, « vous savez très bien que d’après le règlement intérieur…. » . Il n’y a pas de colère, tout se passe calmement. Entre les séances, la personne travaille, car je lui donne des « devoirs ».Dans ce cas, le « devoir » à faire sera d’identifier les comportements de colère dans les quinze prochains jours. Quand on se retrouve, la personne a vécu cela et a grandi.

Quelle est la différence entre le coaching et la psychothérapie ?

La psychothérapie se demande « Pourquoi je suis comme ça » alors que le coaching dit « comment on fait ». Je recherche quelques informations dans le passé, mais je ne m’y attarde pas, je recherche simplement l’origine. Je travaille beaucoup sur les émotions, par exemple quelqu’un qui n’arrive pas à parler en public… je vais chercher l’origine, soit dans l’enfance soit dans un évènement beaucoup plus récent.
Le problème peut aussi relever des « croyances » qui nous gouvernent. Si je crois que je suis « nul », que je ne vais pas réussir à parler en public, ça ne va pas marcher et je renforce ma croyance. Dans le coaching, j’aime bien aider les personnes à réviser leurs croyances quand cela s’avère nécessaire…Je vais amener la personne à reconsidérer sa croyance, est-elle encore valable aujourd’hui ? Adopter une nouvelle croyance est une des clés du changement. On peut tout changer, on est maître de sa vie tous les jours.
Le seul point commun entre le coaching et la psychothérapie, c’est que je suis tenue au secret professionnel.

Quelles qualités sont nécessaires pour exercer ce métier ?

Pour exercer ce métier, il faut beaucoup d’empathie, une réelle curiosité pour les autres, beaucoup d’intuition et de créativité. J’improvise à chaque séance en fonction des personnes à qui j’ai affaire. On discute, on discute jusqu’à ce que je mette le doigt sur quelque chose d’important. Chaque cas est particulier.

Qu’est-ce qui vous plaît dans le coaching ?

Les résultats sont rapides et mesurables et cela me donne envie de continuer. Des fois, je suis très surprise ! C’est une vraie satisfaction quand les personnes sont « transformées ». Quand j’ai un nouveau client, c’est comme un nouveau livre et je me délecte de découvrir les pages. Avec ce métier, j’apprends tout le temps !

Merci Sylvie ! C’est passionnant !